Archives du mot-clé Poésie

Destin

La rencontre était improbable
Sous la torpeur illégitime
D’une fin d’été solitaire.

Le temps passait imperturbable
Sans aucune pensée intime
Ni démangeaison libertaire.

Soumis par son renoncement
Blasé, aveugle volontaire,
On pouvait croiser son absence.

Eternel recommencement,
Cette spirale tributaire
Était stérile par essence.

Pourtant un ange libertin
Réveilla d’un frisson sensuel
Cette ivresse longtemps oubliée.

Il ouvrit ses yeux diablotins,
Aperçut l’indécent rituel
Et son destin réconciliés.

Il savait qu’il tendrait les bras,
A la douceur de son regard,
Accomplissant l’œuvre charnelle…

Ecrit le 14 septembre 2017.
Texte et Photo © Daniel Margreth.

Arpèges de mots

Ma Douceur, que tu es loin,
Hors de portée, hors du temps,
Comme suspendue aux notes
Que tu aimes souvent jouer…

Mes mots essaient de voler
pour rejoindre ta musique.
Tes doigts agiles s’échappent
Pour taquiner mes syllabes.

Tu inspires mes écrits,
Arpèges de mots choisis,
Pour célébrer notre amour
En douceur et sans tabou.

Reçois mes baisers en Do,
Tu ajouteras des Ré,
Je caresserai tes Fa:
Que vive notre musique!

Ecrit le 20 juillet 2017. © Daniel Margreth.

Voilà le temps…

Voilà le temps des sentiments cachés,
Le temps des cœurs séparés, des mains seules,
Le temps des corps oubliés, des yeux humides.

Voilà le temps des amours clandestins,
Le temps des silences et des paroles,
Le temps des absences et des retrouvailles.

Voilà le temps heureux des embrassades,
Le temps des cœurs serrés, des yeux complices,
Le temps des corps réunis, des nuits torrides.

Voilà le temps des amours interdits,
Le temps choisi des mensonges habiles,
Le temps infini des moments d’attente.

Ecrit le 3 juillet 2017. Texte et photo © Daniel Margreth.

Contemplation

Mes yeux éblouis s’attardaient sur chaque détail
Après avoir goûté à l’harmonie globale.
Le spectacle était formidable
Et mon point de vue imprenable.
Un vent léger semblait transporter l’odeur tiède
Et sucrée que je percevais en fermant les yeux.
Il y avait tant de plaisir
Dans mon regard gourmand.
Aucun rêve ne pouvait être si parfait,
Jamais la beauté n’avait été aussi grande.
Je pouvais contempler sans fin
Son universelle esthétique.
Sa grâce nue et exquise me ravissait
Et me transportait dans des songes cristallins.
Je découvrais les plis inouïs
De vallons clairs et dévoilés.
J’explorais du regard les espaces précieux
Qui se cachaient derrière de légers buissons.
L’instant était si désirable,
Et le sentiment si fragile.
Je n’osais entreprendre un moindre mouvement
De peur de rompre l’inconsciente séduction.
La contemplation silencieuse
Me semblait déjà une grâce.

Ecrit le 13 juin 2017. Texte et photo © Daniel Margreth.

Amant silencieux

Où es-tu m’Amour?
Douceur dorée, jour et nuit
J’entends tes mots doux.

La lueur de la lune
Porte patiemment le son
De ta voix si tendre.

Je suis toujours là,
Ton Tout Doux insoupçonné,
Amant silencieux.

Ta parole douce
Et tes caresses coquines
Parcourent mes rêves.

Quand tes lèvres s’offrent,
Que mes yeux brillent la nuit,
Je bois ta liqueur.

Que nos sens fragiles
Renaissent aux plaisirs oubliés
Entre cœurs et corps.

Ecrit le 5/06/2017. Texte et photo © Daniel Margreth.

Le verbe aimer

J’ai rencontré, sur mon chemin des ombres,
Une lumière intense et sensuelle.
C’est une femme au milieu des décombres,
Si improbable au fond de la ruelle.

Une femme d’automne flamboyant,
Pleine de promesse et de tendresse,
Un rayon assoupi mais vivant,
Un joyau endormi sans son altesse.

Ah, quelle chance de lui proposer,
Aujourd’hui, pour toute conjugaison,
Le verbe aimer, jour et nuit partagé,
Main dans la main, les yeux sur l’horizon.

Ecrit le 31/12/2014. Texte et photo © Daniel Margreth.

Sombres pavés

Les sombres pavés de la ville,
Tel le chaos de nos pensées,
Sont à l’unisson imbécile
De ce jour qui vient de passer.

Nous voulons vivre sans béquille,
Radieux sur le sol mal jointé,
Mais tout se meurt dans des broutilles
Ou des combines inavouées.

Serons-nous, cadavres serviles,
Complices muets ou affamés,
Serons-nous ceux que l’on fusille
Au petit matin sacrifié?

Ecrit le 8 mai 2017. Texte et photo © Daniel Margreth.

La terre craque

A chaque pas, la terre craque
Ainsi depuis la nuit des temps.
Toute agitation dionysiaque
Nous assassine à contre-temps.

Nous marchons pourtant dans ce cloaque
Toujours dans l’espoir d’un printemps.
Malgré ce destin démoniaque
Nos pas valsent à quatre-temps!

Nos larmes remplissent de flaques
Le chemin depuis si longtemps
Que nos cœurs broyés se détraquent.
La vie n’est pas un passe-temps.

La peur obscure est une arnaque
Qui nous pousse à vivre à mi-temps.
Je ferai front en contre-attaque,
Je veux pouvoir aimer à temps!

Ecrit le 5 mai 2017. Photo et texte © Daniel Margeth.

A perdre haleine

Il était là, tapi dans l’ombre,
Moment de mémoire perdue
Qui attendait dans la pénombre
Un souffle d’amour éperdu.

L’espoir insensé est tenace.
Veux-tu croire en notre destin?
Notre passé sert de préface
Pour forger un nouveau matin.

Que le vent emporte les peines.
Que la pluie lave les faillites.
Veux-tu aimer à perdre haleine
Pour un cœur à corps sans limite?

Ecrit le 30 avril 2017. Texte et Photo © Daniel Margeth.