Larmes dérisoires

27 janvier 1981

Le jour s’étire et bientôt s’endort,
la nuit couvre la ville.
La chambre silencieuse
l’entoure de ses bras frileux.

Il s’étonne de ces nuits blanches,
à l’ombre du passé,
où le plaisir perdu
réjouissait même le temps.

Comment se pouvait-il, absurde,
que le temps se plie
aux désirs déformés
de cerveaux presque moribonds?

Pourtant l’instant est dérisoire:
le plaisir est donné
au moment, déjà mort,
où nos sens, trompés, le surprennent.

Se peut-il qu’elle t’aime un peu?
Toi, tu l’aperçois, nue,
dans ton rêve délirant:
tromperie grandiose et fatale.

Tous les sentiments desséchés,
arides, crevassés,
comme en été, la terre,
ne sécrètent plus que des larmes.

Texte et photo Copyright Daniel Margreth.


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Daniel Margreth

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