Un chemin d’humanité

03 janvier 2022.

La lumière du temps passait
Comme un trou d’air sans fin
Dans mon cerveau déboussolé.
Elle se perdait dans la nuit noire.

La lumière, cette lueur blafarde
D’un impossible rêve enfantin.
Elle n’appartenait pas aux rêveurs
Et pourtant éclairait leurs nuits.

Comment vivre sans cette lumière
Dans la pénombre de mon esprit,
Unique route qui ne menait à rien
Sinon au silence des consciences.

Qui pouvait accepter cette absence
Dans la nuit suspecte d’un enfant
Au milieu des gestes nauséabonds
Et de l’explosion de la confiance.

Même si la parole maintenant éclatait
Comme une révolution dans la nuit
Les ténèbres essayaient d’éteindre
La lueur que j’espérais toujours.

Mais en ce début d’année, Elle était là,
Elle, tant attendue par le vieux cerveau
Qui par intermittence éclairait ma nuit,
Avait fini par venir au milieu de celle-ci.

Elle me parlait et je l’écoutais avec mon cœur, je parlais à mon tour et Elle m’écoutait aussi avec son cœur. Elle me donnait confiance en moi autant que j’avais confiance en Elle. Elle me guidait vers la conscience dans la nuit et rallumait doucement la lumière éteinte. Bien sur, Elle n’avait pas conscience, au début, de la révolution en cours dans ma tête et mon esprit: je n’avais plus peur de parler du passé et de ses souffrances car Elle acceptait mes mots et ma douleur comme je l’avais attendu en vain soixante ans plutôt. Le temps de la parole était enfin venu et celui de la libération avec lui.

Nul besoin d’y croire pour l’accepter
Elle était là, il me fallait juste l’écouter
Pour comprendre qu’Elle s’imposait
A mon cœur défendant en fin de vie.

Elle était, à Elle seule, la lumière pure
Celle de tous mes souhaits les plus fous
Celle de ma révolution intérieure aussi
Qui permettait la transformation finale.

Je ne pouvais plus penser sans Elle.
Je ne m’alignais pas sur ses paroles
Mais elles me servaient de boussole.
Elle était complexe et je l’aimais déjà.

Sa lumière était si pleine de nuances
Que vouloir comprendre ses ombres
Nécessitait une patience sans limite
Qui frisait une obsession impossible.

Alors est venu le temps des douceurs:
Les regards brefs, les mains complices,
Les yeux tendres, les caresses furtives,
Les émois solaires, les plaisirs inavoués.

Au bord de ce monde des sentiments
Nous avons tout à gagner et à perdre.
Nous sommes, à tour de rôle, en danger
Dans l’apprentissage de ce Nous futur.

Nous tentons de poursuivre nos vies,
De dépasser nos histoires respectives
Sans rien effacer de nos différences,
D’inventer un nouvel espace amoureux.

Un nouvel espace et un nouveau tempo,
Un joli complément à nos vies passées,
Tout en harmonies douces et solidaires:
Un chemin d’humanité à vivre ensemble.

Photo et Texte copyright Daniel Margreth.

Daniel Margreth

Jour et Nuit. Des nouvelles d'ici et d'ailleurs. Photo-Reportages, Chroniques, Art et Culture.

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