2026.
10/06/2026.
je regardais le silence bleuté
le matin blafard encore au fond des yeux
à peine murmurés dans mes pensées
les mots silencieux se sont posés
sur le clavier d’un piano oublié
dans mes rêves perdus
ils étaient tous là en même temps
une foule inoubliable de souvenirs
venant de l’ombre dévorante
depuis les yeux aveugles du passé
ils brouillaient toute l’histoire
une cacophonie insupportable
je ne regardais plus l’horizon
de peur d’apercevoir ces rêves
la peur au ventre par avance
des mots innocents
sacrifiés depuis longtemps
chaque matin au soleil levant
il fallait dépasser les mots
retourner à la pensée amoureuse
au milieu du parfum des étoiles nues
pour entendre le piano des rêves éternels
et poser les notes colorées
encore invisibles dans mon ivresse
je voulais voir l’immensité du temps
au moment attendu de sa douceur
pour entendre la voix des mots silencieux
dans les méandres d’un poème
sur la partition innocente d’un piano
rompre les silences meurtriers
Texte et photo Daniel Margreth
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