2026.
18/06/2026.
j’étais prêt
et pourtant j’hésitais
poser les mots murmurés sur le papier
c’était suivre l’inspiration insolente
mais c’était aussi une trahison mémorielle
d’un souffle intime
je me souviens
des premiers mots précieux
écrits sur un cahier secret
caché dans ma chambre
du plaisir intense
de l’écriture griffonnée
j’étais prêt
et pourtant j’hésitais
à me relire à haute voix
c’était pourtant un moment inattendu
de joie
mais c’était aussi prendre le risque
d’être entendu
je me souviens
les premiers cahiers
puis les feuilles volantes qui suivirent
les ratures infinies
qui racontaient l’adolescence frileuse
les premiers émois amoureux
que l’on croit définitifs
j’étais prêt
et pourtant j’hésitais
à devenir enfin un adulte
dans ce monde trop grand
pour le comprendre
alors les mots errants
exorcisaient mes craintes
je me souviens
de la sérénité retrouvée
devant la feuille blanche
une respiration vitale
après une journée en apnée
dans un travail feutré
où j’étouffais en silence
j’étais prêt
et pourtant j’hésitais
les mots vagabonds brisaient
le silence maintenant habituel
je les écoutais presque pieusement
devant un café quotidien
je me souviens
de leurs premières lueurs
dans la nuit agitée des peurs infantiles
ce noir profond de la pensée
qui avait commencé
dans le secret
j’étais enfin prêt
pour écouter sereinement
les larmes et les rires
de l’enfance innocente
qui reviennent parfois encore
sur l’écran noir qui a remplacé
les cahiers d’antan
Texte et photo Daniel Margreth
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