2026.
23/06/2026.
c’était le deuxième jour
encore dans un rêve
insouciant
malgré les premiers signes
de la fin du temps ingénu
le matin des mots errants
dans l’air saturé du temps avait peine
pour s’affirmer
tant l’absence était pesante
sans sa frénésie
habituelle
la rue semblait endormie
comme une pensée
perdue
dans la torpeur de la nuit
c’était le deuxième jour
personne ne savait l’avenir
malgré l’ivresse
de l’instant
qui masquait encore la crainte
perdre les mots des autres
passait encore
mais les siens
cela devenait insupportable
au milieu de nos certitudes
encore un rêve insouciant qui s’envolait
pour l’enfer
la réalité était implacable
nous étions devant le vide
le vertige s’invitait
tout seul dans l’émotion
désespérée
le temps encore
désordonné
nous inventait un avenir nu
malgré les premiers signes
le déni était encore présent
dans le besoin
de se rassurer
et les mots devenus silencieux
à la fin du temps ingénu
il ne resterait rien d’avant
les jours après les autres passeraient
sans un mot
ainsi fût le troisième jour
et tous les jours suivants
au dernier jour le compte sera fait
de tous les absents
les oraisons funèbres seront prononcées
par ceux qui en étaient responsables
retournerons nous tous
à nos rêves silencieux
et à leurs curieuses lueurs
aveuglantes
Texte et photo Daniel Margreth
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