Retraite: stop ou encore?

30 décembre 2019.

En cette fin d’année 2019, le président Macron va devoir, comme l’an dernier, tenter d’éteindre la fronde sociale lors de ses vœux de bonne année… S’il s’y prend aussi mal que le 31 décembre 2018 où il avait stigmatisé « les foules haineuses », les grèves contre la réforme des retraites ne finiront pas de sitôt. Mais a-t-il vraiment le choix ou la capacité d’apporter la moindre réponse d’apaisement?

Il a fallu 2 années de « concertation » à Jean-Paul Delevoye, vous vous rappelez cet homme qui avait « oublié » de déclarer une partie de ses revenus et son conflit d’intérêt avec les établissements qui proposent des plans d’épargne retraite (BlackRock et consorts), pour fournir un projet de réforme au gouvernement, projet qui en quelques semaines a cristallisé tous les syndicats contre lui, même ceux qui à priori était plutôt pour…

Il faut dire que vouloir faire croire aux salariés de notre beau pays que calculer une retraite sur la base d’une carrière entière au lieu de la faire sur les 25 meilleures années pour le privé (80% des salariés) ou sur la base du salaire des 6 derniers mois pour les fonctionnaires, allait produire le même résultat, c’était une mission impossible à moins de penser que la totalité des français n’avaient pas appris les bases du calcul arithmétique à l’école primaire!

Par ailleurs, vouloir reporter l’âge pivot, rebaptisé âge d’équilibre pour essayer de faire passer la pilule, de 62 à 64 ans pour avoir une retraite à taux plein alors que 50% des salariés de plus de 55 ans se retrouvent au chômage, était aussi une provocation, et fut vécu comme tel par les syndicats qui avaient le plus participer à l’élaboration du nouveau projet avec Delevoye.

Notre président du nouveau monde a donc envoyé, dans un premier temps, le gouvernement au front pour expliquer ce que nous étions sensé croire: la réforme systémique était nécessaire pour construire un système de retraite à points, système universel (le même pour tous) et équitable (des gagnants mais pas de perdants).
Mais voilà que personne ne comprend rien, que tout le monde syndical s’embrouille avec le Premier Ministre Philippe et que Delevoye est obligé de démissionner pour ne pas porter préjudice à son propre projet!

Les jours de grève s’enchaînent et les jours de galère dans les transports aussi… Une petite musique commence à se faire entendre: une minorité bloque le pays et va empêcher les familles de passer de joyeuses fêtes de fin d’année. Il faut une trêve de Noël. Le gouvernement et les députés de LREM se répandent dans les grands médias télévisuels pour informer le grand public de la nécessité de cette trêve.
Hélas, les grévistes inventent la « grève de Noël » et les familles se ruent sur les cars et leurs voitures pour atteindre les sapins et leurs cadeaux tout en maintenant majoritairement leur soutien aux grévistes…

Macron s’en va au fort de Brégançon, Borgne à Marrakech, les autres membres du gouvernement disparaissent des radars médiatiques tout en donnant rendez-vous aux responsables syndicaux le mardi 7 janvier 2020. Ils laissent ainsi tous les français se débrouiller dans une France en grève notamment des transports: un niveau de mépris déjà vu pendant la première partie du mandat de Macron…
La politique du pourrissement est en route et en même temps celle de la division avec des reculades sur certains régimes spéciaux (pilotes, stewards et hôtesses de l’air/ danseurs Opéra de Paris/avocats).

Pendant ce temps les grévistes occupent la rue, demandent toujours l’annulation du projet Delevoye et l’ouverture de négociation pour améliorer les régimes de retraites actuels :
– Un départ à 60 ans à taux plein avec un revenu de remplacement à 75% du revenu net d’activité (calcul sur les 10 meilleures années ou les 6 derniers mois) et au minimum le Smic à 1800 euros. Chacun doit pouvoir vivre dignement de son travail, y compris à la retraite, c’est vrai pour tous, salariés comme agriculteurs.
– Comptabiliser les années d’études pour les jeunes.
– Une prise en compte de la précarité.
– Une prise en compte des pénibilités des métiers (travail de nuit, postures pénibles, exposition à des agents chimiques, etc.) pour tous et toutes et extension des dispositifs de départ anticipé existants
– Indexer les pensions sur les salaires et non sur les prix.

Macron n’a guère que deux choix, annuler son projet de réforme et démettre son Premier Ministre pour amorcer de véritables négociations ou défendre contre tous son projet de réforme et amorcer un passage en force…
Dans le premier cas, il perd une bataille mais se garde un peu de marge de manœuvre pour continuer son mandat présidentiel grâce à son écrasante majorité de députés.
Dans le deuxième cas, il peut gagner la bataille au prix d’un conflit très grave dont on ne perçoit pas aujourd’hui où il peut conduire (affrontements, blocage du pays..)
Telle est la situation.

Les grands présidents s’attachent à l’unité de la République et si Macron ne l’a pas vraiment prouvé jusqu’à maintenant, il n’est peut être pas trop tard !

Chronique Copyright Daniel Margreth.

Daniel Margreth

Jour et Nuit. Des nouvelles d'ici et d'ailleurs. Photo-Reportages, Chroniques, Art et Culture.

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