Stop à la loi Sécurité Globale – Acte 2

25 novembre 2020.

A nouveau dans la rue, les opposants à la proposition de loi Sécurité Globale, se sont retrouvés devant la Préfecture du Mans mardi soir 24 novembre 2020 à l’appel de l’UCL (Union Communiste Libertaire) de la sarthe, la CNT 72, le Collectif Antifasciste de la Sarthe, le Collectif Anti-répression 72, la Libre Pensée de la Sarthe, le NPA72, la FSU 72, le SNUipp-FSU de la Sarthe, l’ UNEF Le Mans, ANV COP21 Le Mans, ATTAC 72, la Ligue des droits de l’Homme Le Mans, la CGT des territoriaux de la ville et du CCAS d’Allonnes, la CGT EPSM de la Sarthe et Le Mans Collectif Citoyen ainsi que Le club de la presse du Maine (association de journalistes et correspondant-es de presse sarthoise).
Ils étaient plus de 600 personnes c’est-à-dire plus nombreux que mardi dernier (400).

Parmi les nombreuses propositions dangereuses de ce texte, trois articles risquent de limiter la liberté de manifester dans des proportions injustifiables, liberté déjà fortement restreinte sur le terrain et de nouveau remise en cause par le Schéma National du Maintien de l’Ordre.

L’article 21 concerne les caméras portables qui, selon les rapporteurs du texte, devraient équiper « toutes les patrouilles de police et de gendarmerie […] dès juillet 2021 ». S’il est voté, le texte autorisera donc la transmission des flux vidéo au centre de commandement en temps réel. Cela permettra l’analyse automatisée des images, et notamment la reconnaissance faciale des manifestants et des passants, en lien avec les 8 millions de visages déjà enregistrés par la police dans ses divers fichiers.

L’article 22 autoriserait la surveillance par drones qui, selon le Conseil d’État, est actuellement interdite. Ici encore, la police n’a produit aucun argument démontrant qu’une telle surveillance protégerait la population. Au contraire, nous avons pu constater en manifestation que les drones sont avant tout utilisés pour diriger des stratégies violentes contraires à la liberté de manifester : nassage, gaz et grenades lacrymogènes notamment. Comme pour les caméras mobiles, la reconnaissance faciale permettra ici aussi d’identifier des militantes et militants politiques.

L’article 24 vise à empêcher la population et les journalistes de diffuser des images du visage ou de tout autre élément d’identification de fonctionnaire de police ou militaire de gendarmerie. Autrement dit, les images des violences commises par les forces de l’ordre ne pourront dés lors plus être diffusées. Le seul effet d’une telle disposition sera d’accroître le sentiment d’impunité des policiers violents et, ainsi, de multiplier les violences commises illégalement contre les manifestantes et manifestants.

Après les prises de paroles des différentes organisations ayant appelé au rassemblement qui toutes dénoncent les atteintes aux libertés individuelles de manifester et d’informer (photo ou vidéo) des journalistes et de tous les citoyens, les participants sont partis en manifestation au travers du centre-ville pour finir devant les bureaux de la Police Municipale du Mans, place des Comtes du Maine.

Le vote de la loi à l’Assemblée Nationale a eu lieu pendant la manifestation. Cependant, avant d’être définitivement adoptée, il faut qu’elle soit votée au Sénat…
Une proposition de se retrouver tous les mardis devant la Préfecture pour exiger son retrait a été faîte.

Daniel Margreth

Jour et Nuit. Des nouvelles d'ici et d'ailleurs. Photo-Reportages, Chroniques, Art et Culture.

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