2020, c’était aussi un voyage poétique

30 décembre 2020.

Rétrospective de ce voyage avec les 35 textes écrits en 2020 et un extrait par publication…

Le 5 février 2020: La mer est calme. [extrait]

L’embarcation accrochée au ponton
Ne m’emmènera sur aucun rivage
D’un rêve innocent et illusoire
Malgré mes yeux fixant l’horizon.

Le 25 mars 2020: Confinement. [extrait]

Il y a comme un silence
dans le couloir de la folie
qui nous tient fermement la main
pendant le confinement.

Le 28 mars 2020: Je t’écris de là-bas. [extrait]

Je t’écris de là-bas
comme si le temps s’écoulait
toujours lentement alors que le tic tac
des horloges s’est arrêté à jamais.

Le 29 mars 2020: Le son disparu. [extrait]

Le son du piano se promenait
sur la petite partition déchirée
comme un jeu d’enfants turbulents
qui renversent tout sur leur passage.

Le 31 mars 2020: L’instant assassin. [extrait]

Mais qui peut comprendre
dans cet instant confiné
que la vie s’en va ailleurs
où elle pourra s’éteindre.

Le 01 avril 2020: Poisson d’avril. [extrait]

L’horloge du temps est taquine
en ces temps chacun pour soi
où les aiguilles semblent arrêtées
à l’angle mort des ruelles silencieuses

Le 02 avril 2020: La fin du jour. [extrait]

Personne n’avait prévu la fin du jour
il arriva à la surprise générale
les fleurs orphelines déclinaient
les feuilles perdaient leur couleur

Le 03 avril 2020: Un arbre vertical. [extrait]

Je suis seul
mon texte horizontal
oscille entre deux histoires à la fois
mes doigts ne maîtrisent plus le récit initial
le confinement a eu raison de mes intentions évasives
l’écran bleu s’approche et renverse toutes mes certitudes verticales

Le 04 avril 2020: Rêve diurne. [extrait]

Tu tires sur nos corps
les draps imaginaires
de notre rêve diurne.

Le 17 avril 2020: Le judas est fermé. [extrait]

Le judas est fermé
mais parfois il s’ouvre
un peu
juste pour pouvoir rêver
enfin
avant de fermer les yeux

Le 25 avril 2020: Voyage en légèreté. [extrait]

Le temps stoppe ici d’un coup
plus d’instant pour les bisous
l’espoir est un dissident
sans passé ni testament.

Le 27 avril 2020: Tout se mélange. [extrait]

Tout se mélange dans l’orage
comme dans le petit tambour
de la machine à rêver le jour
et devient un simple mirage
le tourbillon de la vie arrêtée
tente enfin le tout pour le tout
et bouscule la pensée debout
qui lui dit doucement assez

Le 06 mai 2020: Tout est si lointain. [extrait]

les horloges sont au point mort
les rêves depuis longtemps seuls
n’interpellent plus personne
et gisent dans nos mémoires vides

Le 08 mai 2020: Imagine. [extrait]

Imagine
la douceur de nos baisers bientôt libérés.
Imagine
le désordre de nos balades forestières.
Imagine
le chemin escarpé de nos yeux égarés.

Le 22 mai 2020: La bouquinerie. [extrait]

J’avais pris cette habitude
arrivé à l’angle de la fontaine
de faire un petit détour
sur les pavés médiévaux
jusqu’à cette échoppe
un lieu mystérieux
rempli de souvenirs
d’odeurs anciennes
de ma cité imaginaire

Le 23 mai 2020: Les verrières. [extrait]

Les couleurs pleines de finesses
dessinent les verrières colorées
où le fil de ma pensée se tire
à tire d’aile sur la toile blafarde
comme mon cœur sans je t’aime
dans un ciel bleu d’espérance
fuyant les écheveaux infinis
où se perd seule ma conscience

Le 04 juin 2020: Comme si cela suffisait. [extrait]

Le temps semble s’enfuir trop vite
et je suis toujours en retard
pourtant j’accélère mon pas
comme si cela suffisait

Le 11 juin 2020: Lettres de feu. [extrait]

je sens bien que son terme arrive à grand pas
mais je ne peux croire en ce funeste moment
alors je dessine de tremblotantes lettres de feu
comme un vieux jongleur du théâtre des ombres

Le 02 juillet 2020: Le temps d’un regard. [extrait]

je me demandais si le soleil reviendrait
si les nuages disparaîtraient vraiment
si le chalet reprendrait vie un jour
si la forêt voudrait encore m’accueillir
le temps d’un regard seulement

Le 11 juillet 2020: L’œil. [extrait]

L’œil était fixe
comment savoir
ce qui se passait
dans sa pensée

L’œil était fixe
il ne parlait pas
il ne parlait plus
les mots oubliés

Le 27 juillet 2020: Nous parlerons de toi. [extrait]

Nous parlerons de toi comme d’un rêve.
De ton départ un après-midi d’été.
De tes sourires discrets.

Le 13 août 2020: L’ultime instant. [extrait]

Au cri du premier moment
succède jour et nuit
l’inévitable promesse
de l’ultime instant.

Le 22 août 2020: Nous t’écrivons de là-bas. [extrait]

Nous t’écrivons de là-bas
comme si la musique éternelle
flottait dans la poussière fine
soulevée par la trace de tes pas.

Le 31 août 2020: La misère du moment. [extrait]

La vision contrariée de la poussière soulevée
cachait assez mal le misérable résultat
quand tous les témoins aperçurent le tas
de gravois près de l’édifice inachevé

Le 24 septembre 2020: La nuit éternelle. [extrait]

Que les poètes disparaissent au plus vite
de notre pseudo espace masqués et sans mots
de nos destins maudits tracés, testés et isolés
comme des animaux conduits aux abattoirs
de la pensée unique médiatisée par les élites.

Le 30 septembre 2020: Depuis l’estran. [extrait]

Ils bravent le temps du haut de la falaise
et ils imaginent serein leur futur destin
en l’observant depuis plusieurs décennies
ils n’en éprouvent pourtant aucune crainte
à quoi bon avoir peur
de l’inéluctable temporalité
de leur apparence actuelle

Le 06 octobre 2020: Au milieu de la foule. [extrait]

Mes pas rapides se succédaient
au milieu de la foule du matin
où têtes baissées et masquées
se croisaient sans s’apercevoir
dans la fraicheur du moment
malade de l’infini désastre.

Le 04 novembre 2020: La nuit servile. [extrait]

Si la nuit envahissait doucement mon rêve
comme le silence dans le port du Collet
je sentais ta tête endormie sur mon épaule
et le début d’un temps fracturé et perdu.

Le 05 novembre 2020: Dans le vague de ton âme. [extrait]

je chemine encore sur ton visage
dans mes cauchemars d’enfants perdus
au milieu des roseaux noircis du soir
que l’eau qui torture toujours la plaine
essaie en vain d’éclairer d’un reflet

Le 20 novembre 2020: Vrac. [extrait]

La palanquée de bois enchevêtrée
se tortille de l’absence du plaisir
comme les idées jetées en vrac
sur les débris noircis de la pensée
dans le feu de la tristesse de l’instant.

Le 22 novembre 2020: La nature indocile. [extrait]

La nature indocile
se dresse malgré l’hostile terrain
pour atteindre un peu de lumière
celle épisodique des jours heureux
mais qui donne la force de résister

Le 23 novembre 2020: Partir. [extrait]

Partir
avec l’idée de quitter son port d’attache
sans se retourner de peur de renoncer

Le 30 novembre 2020: Les volets clos. [extrait]

malgré les volets clos
un doux rêve traverse l’instant
celui de l’enfance heureuse d’un gosse

Le 03 décembre 2020: Le chemin. [extrait]

Ainsi quittons les chemins trop tracés
pour aller goûter ensemble le sucré
celui des jours heureux et désespérés
sur la trace des amants émerveillés.

Le 14 décembre 2020: La piste fragile. [extrait]

Mon regard se perd dans le désert
la brume de chaleur ferme la vue
l’imagination se fond doucement
dans ce sable infini qui m’échappe.

Texte Copyright Daniel Margreth.

Tous les textes sont accessibles sur le lien ci-dessous

https://jouretnuit.org/category/art-culture/poesies/

Daniel Margreth

Jour et Nuit. Des nouvelles d'ici et d'ailleurs. Photo-Reportages, Chroniques, Art et Culture.

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