Le bruit sourd du pays qu’on enchaîne

04 décembre 2020.

Appel du collectif pour le retrait «global» de la loi «Sécurité globale»
Organisations, pour l’instant, signataires de l’appel :
ADECR 72 , ARAC 72, ATTAMS 72 , ATTAC 72, CAC72, CGT 72, Collage féminicides Le Mans, Collectif RPD 72, Europe Écologie Les Verts, Fédération FAL 72, FSU 72, Génération.s Le Mans, GFEN, La CIMADE, La France Insoumise, La Libre Pensée, Le Mans Collectif Citoyen, LDH 72, NPA, Parti de Gauche, PCF 72, POI 72, RESF 72, Sortir du nucléaire 72, UNEF Le Mans, Union locale CNT de la Sarthe, UCL Sarthe, UNSA 72, …

Communiqué commun :

Les projecteurs sont braqués sur l’article 24 de cette loi qui modifie la loi de 1881 sur les libertés et les responsabilités de la presse.

Cet article est effectivement symbolique de la gravissime dérive de la société française vers l’autoritarisme et le contrôle citoyen.

En s’attaquant à la liberté des médias le ministre de l’Intérieur et des parlementaires complices ont suscité un effet boomerang qui confirme la vitalité de l’aspiration démocratique de notre pays.

Pas de chance pour les thuriféraires de cet article honni : les violences policières qu’ils voulaient protéger se sont invitées au débat avec le sang et les larmes de celles et ceux qui en ont été récemment victimes.

Ces violences prouvent, par A + B, que la vraie priorité est de protéger les citoyens contre ceux qui ont pour rôle d’ assurer leur sécurité.

On en est là.

La police républicaine semble à terre.

Elle est détruite dans ses structures mêmes par l’incurie des politiques de sécurité. Elle finit par faire peur plus qu’elle ne protège. Elle est menacée de l’intérieur par l’influence grandissante de l’extrême droite xénophobe et raciste. C’est ce qui détermine le comportement de trop de policier.e.s, en se gardant de tous les confondre.

Nous sommes dans l’urgence démocratique.

Un autre projet de société se met en place de façon insidieuse, brique après brique, en réduisant systématiquement les libertés publiques et individuelles chèrement acquises.

C’est pourquoi il ne faut surtout pas s’arrêter à l’article 24.

Il faut être conscient que c’est l’ensemble du texte de la loi  »sécurité globale » qui est une régression, un changement de cadre pour inscrire dans la réalité la société du contrôle généralisé.

En lisant la totalité de la loi encore en débat nous y trouvons notamment :

– Les nouvelles missions des polices municipales (articles 1 à 6) chargées de pouvoirs de police judiciaire, sous les ordres du maire, sans contrôle ni surveillance des magistrats. C’est une illustration de la volonté marquée de marginaliser de plus en plus l’autorité judiciaire dans son rôle de contre-pouvoir. Alors que, dans les équilibres démocratiques, elle a pour fonction la protection des libertés individuelles.

– Les dispositions (articles 20 et 21) sur la visio surveillance et les caméras piétons considérées par le Défenseur des droits comme une  »atteinte à la vie privée ».

– La légalisation de l’usage des drones (article 22) avec leur capacité de reconnaissance faciale pouvant identifier les personnes lors des rassemblements, tel celui de ce jour. Cette technique pourrait permettre, selon entre autres la quadrature du Net, des intimidations voire des arrestations préventives de militants. La question de l’indispensable contrôle citoyen des images produites par ces drones n’est pas débattue.

– L’assimilation à des terroristes des personnes condamnées pour violences ou menaces à l’encontre des forces de l’ordre (municipales comprises) : le texte interdit, comme pour les terroristes, la réduction de leur peine (article 23 qui dépossède la justice de ce pouvoir).

– Le port d’armes des agents des forces de l’ordre, en dehors de leur service, dans des établissements recevant du public, tels les établissements scolaires (article 25). Cette disposition est profondément inquiétante.

– Sans oublier le titre II de la loi qui amplifie de manière très préoccupante le développement du rôle des sociétés de sécurité privées.

Au vu de cet incroyable dispositif le projet est bien de passer de la  »force du droit », pour protéger les citoyens, au  »droit de la force » pour armer et protéger la police, au sens large, de plus en plus présente dans la société.

Comment ne pas s’interroger sur les projets sous-jacents de cette politique ?

Il semble bien qu’il s’agit de maîtriser et même de museler la société à défaut de pouvoir répondre à ses aspirations démocratiques et de justice sociale.

Alors que les inégalités se creusent à un tel point que la pauvreté et le mal vivre explosent.

Il serait coupable, pour l’avenir, d’accepter cette loi explicitement liberticide dont il faut rappeler le subterfuge qui a marqué son origine : ayant pris la forme d’une proposition de loi par des parlementaires,  »complétée » ensuite par le ministre de l’Intérieur, elle a échappé à l’étude d’impact de ses effets et n’a pas été soumise pour avis préalable au Conseil d’État comme cela s’impose pour les projets de loi du gouvernement…

Cette loi mal née pourrait être sanctionnée par le Conseil Constitutionnel en raison de ses failles juridiques. Mais, au mieux, le Conseil n’en sanctionnerait qu’une partie.

Il faut donc, dès maintenant, amplifier le mouvement pour obtenir le retrait de cette loi dite de  »sécurité globale » à la dénomination et aux contenus si glaçants. En rappelant qu’elle a été votée par la présidente du Rassemblement national…

Il faut mettre le président de la République face à ses contradictions : il plaide les droits de l’Homme à l’étranger et agit en France pour les réduire. Cette attitude a été dénoncée par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU qui considère que la loi Sécurité globale porte atteinte aux libertés.

Oui au progrès des libertés publiques et individuelles qui conditionnent le progrès social.

Non au funeste projet de mise au pas de la société.

Un seul but à court terme : le retrait  »global » de cette loi « Sécurité globale » qui nourrit «le bruit sourd du pays qu’on enchaîne».

Manifestation
samedi 05 décembre
15h00
Le Mans parvis de la Préfecture

Daniel Margreth

Jour et Nuit. Des nouvelles d'ici et d'ailleurs. Photo-Reportages, Chroniques, Art et Culture.

2 réflexions au sujet de « Le bruit sourd du pays qu’on enchaîne »

  1. Bravo pour votre Blog parfaitement bien exécuté, respectant les Codes et Normes WordPress.
    Je reviendrais m’informer, ici, car les sujets abordés sont en effet préoccupants.
    Merci pour cette limpidité tellement vraie !

    Aimé par 1 personne

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